Chapitre 1

Partie 1 : Formations d'une Guilde, Une idée humaine | Chapitre 1 : Son nom est Aynaë

1414 mots


Image partie 1


Les Humains régnaient autrefois sur Tyria, un monde vaste où de nombreuses créatures vivaient en harmonie sous le pouvoir absolu de l'Homme, alors majoritaire.

Mais cette époque était révolue.

Aujourd'hui, ils luttaient pour survivre. Ils avaient été vaincus, exilés et brisés par les Dragons ancestraux. Mais ils ne cédaient pas. Tant de nations étaient tombées pour défendre Tyria. Parmi elles se trouvaient les Nains, dont aucun survivant n'avait été retrouvé.

Les Elfes, eux, s'étaient retirés plus au nord de Devintoire, capitale humaine, dans les fins fonds des Verdoyantes Forêts. Puis, plus personne n'avait entendu parler d'eux.

Les Sylvains, devenus minoritaires, s'étaient fondus dans leur environnement, invisibles aux yeux de ceux qui ne prêtaient pas attention à la nature qui les entourait. Faits d'écorce et de sève, ils possédaient malgré tout une apparence humanoïde.

Les Tcher, quant à eux, une race de félins humanoïdes, s'étaient réfugiés près d'une zone volcanique riche en ressources.

D'autres races s'étaient repliées aux quatre coins de Tyria, essayant doucement de repeupler leurs terres.

Mais la foi des Humains restait forte, malgré le silence des Six Dieux. Avec courage, Devintoire, leur capitale, faisait encore face aux menaces qui pesaient sur le royaume.

Cette ville était le foyer d'Aynaë, une jeune femme aux longs cheveux d'ébène, issue d'un milieu ordinaire, de la classe moyenne du peuple. Elle avait été élevée pour devenir une protectrice du royaume : une Gardienne.

Elle maniait l'arc long avec sagesse et l'espadon avec force et courage. Elle n'avait jamais cherché l'attention ni la gloire. Elle ne désirait qu'une chose : survivre, protéger les siens et, peut-être, contribuer à bâtir un monde meilleur sur les ruines d'un passé révolu. Enfin, Aynaë quitta son quartier natal pour prendre son poste de garde à l'entrée de la ville, à l'orée du village de Sheem, qui bordait la capitale. Mais à son arrivée, une surprise attendait les gardes.

Le village était assiégé par les Centaures, ces créatures mi-humaines, mi-chevaux. Ils avaient perdu toute éducation et tout respect et se battaient désormais aux côtés du mal. Sans prendre le temps de réfléchir, Aynaë se lança, espadon argenté en main, dans le troupeau qui se déversait au pied de Devintoire. Elle en repoussa plusieurs dans une succession d'éclairs bleutés, aidant ses camarades à les faire reculer.

— Sergent ! Les Centaures affluent de l'autre côté du village. Le capitaine Traken demande des renforts à la garnison de la reine !

Un soldat arrivait en courant. Le sergent Vlad se retourna vers lui.

— S'il appelle à l'aide, c'est que c'est grave. Mais je n'ai personne à lui envoyer... Nous avons besoin de tous nos hommes ici.

Aynaë s'avança après avoir entendu le soldat essoufflé.

— J'y vais. Le capitaine Traken a toujours servi Devintoire. Si je peux l'aider, je le ferai.

— Oh, jeune Gardienne... Puisse le dieu de la guerre vous bénir ! Une telle attitude nous aidera peut-être à gagner cette foutue guerre ! Quel est votre nom, Gardienne ?

— Gardienne Aynaë Yunchen, pour vous servir, Sergent.

Elle s'inclina brièvement avant de rejoindre les autres gardiens qui défendaient difficilement la porte. Elle attaqua encore quelques Centaures sur son passage, puis courut avec le soldat qui avait demandé de l'aide vers l'auberge, où tous les habitants s'étaient réfugiés.

— Entrez dans l'auberge ! Mettez-vous à l'abri !

Aynaë défendait quelques personnes effrayées et désarmées tandis que les villageois couraient du pont vers l'auberge. La majorité avait réussi à éviter les lances et les lames des Centaures, protégée par quelques soldats.

À l'intérieur, les habitants tentaient de se rassurer. Un petit garçon blond serrait fort sa mère, assise dans un coin poussiéreux de la taverne. Elle tremblait presque plus que son enfant.

— J'ai peur, maman. J'ai très peur... Où est papa ?

— Sois fort, mon fils. Je suis sûre qu'il va bien...

La femme ravala ses larmes en caressant la tête de son fils, blotti contre elle.

— Pauvre enfant... Je crois que j'ai vu le corps de son père dans la rue...

Le murmure, lancé par un villageois assis près de l'escalier en bois qui menait aux chambres, avait été un peu trop audible.

— Pas si fort, idiot ! Il est déjà assez effrayé comme ça ! gronda sa femme en regardant l'extérieur par les fentes des volets en bois fermés sur les fenêtres. Un autre paysan, qui faisait les cent pas, finit par lâcher :

— Je dois y retourner. Ces pillards de Centaures vont tout nous prendre !

— Calmez-vous ! Vous voulez vraiment risquer votre vie pour récupérer quelques babioles ? Restez ici, c'est trop dangereux ! intervint un soldat qui gardait la porte.

Dehors, sur le pont, un peu plus loin de l'auberge, Aynaë combattait encore plusieurs Centaures, ne leur laissant pas le temps de terminer leur traversée.

Cela n'en finissait pas.

Plusieurs soldats tombèrent sous leurs lances pointues. Non loin de là, entre le pont et l'auberge, près d'une caserne de garde, le capitaine Traken Loïs défendait sa position avec ses soldats séraphins, des soldats liés directement à la reine.

— Le capitaine Traken ne peut pas se battre sur deux fronts à la fois. Défendez le pont vers le village. Le capitaine couvre ce côté. Nous devons surveiller ses arrières. Ne laissez pas les Centaures approcher du village, de l'auberge ou de la porte menant à Devintoire. Nous devons les contenir !

Le sergent Vlad s'adressa à ses troupes avant de reprendre le combat.

— Je savais que j'aurais dû travailler à la ferme !

— Cessez de vous plaindre, soldat, et combattez ! ordonna le sergent Vlad.

— Ils arrivent encore par centaines près du pont ! cria un soldat tremblant face à l'ennemi.

— Maintenez la pression ! Nous les avons déstabilisés ! lança Loïs. Ils se replient ! Continuez d'avancer !

Un énorme Centaure s'avança droit vers eux. Ses sabots faisaient presque trembler le sol. Un bras agitait une lance dont la pointe dégoulinante de sang brillait au soleil, tandis que son autre bras tenait un immense bouclier.

— C'en est trop, capitaine. Je vais m'occuper de votre cas personnellement ! grogna le Centaure.

— Tous avec moi ! Tuez leur chef ! proclama Loïs.

— Pitoyables humains. Vous pensez pouvoir me vaincre !

— Par les Six, qu'est-ce que c'est que cette chose ? C'est immense !

— Ceci, soldat, est une menace ! Et nous allons l'éradiquer ! En avant ! Pour la reine ! Chargez !

Le capitaine donna l'ordre, puis Aynaë fonça en tête avec lui. Mais de gigantesques roches surgirent soudain devant eux, les stoppant dans leur élan. Un énorme élémentaire de pierre venait de bloquer le passage jusqu'au chef centaure. Il l'avait invoqué.

— Leur chef est un élémentaliste ! s'écria Aynaë.

— Détruisez ces mains et le reste devrait s'effondrer ! Attention aux débris ! Protégez-vous la tête ! ordonna le capitaine Traken.

Aynaë planta son espadon dans le sol. Ses pouvoirs de Gardienne devraient les aider.

— Regroupez-vous près de moi si vous avez besoin de récupérer ! Faites vite, ce bouclier ne tiendra pas éternellement !

Le choc de la lame contre le sol fit apparaître un bouclier bleu transparent autour des soldats et du capitaine. Loïs la regarda, lui adressa un signe de tête reconnaissant, puis enfonça la lame de son épée dans l'une des mains de pierre. Celle-ci s'effondra.

— Il est toujours en vie ! souffla Loïs.

Ils continuèrent de frapper l'élémentaire autant que possible. Des soldats furent projetés dans les airs avec des morceaux de roche et de terre, tandis que d'autres se retrouvèrent piégés par leurs jambes, incapables de se dégager.

— Tenez bon ! Je crois qu'il va exploser !

Le capitaine recula. L'élémentaire de terre et de pierres finit effectivement par exploser. Les débris projetés dans toutes les directions infligèrent de nouvelles blessures à plusieurs soldats, dont de graves blessures à Aynaë. Son bouclier magique de Gardienne avait finalement cédé sous le souffle et les projections de l'explosion. Avant de s'évanouir, elle se redressa encore un peu, tenant difficilement sur ses jambes. Elle attrapa la garde de son espadon à deux mains et lança celui-ci avec les dernières forces qui lui restaient. La grande lame traversa rapidement l'espace qui la séparait de sa cible, sifflant aux oreilles de ceux qu'elle dépassait avant de transpercer le torse du chef centaure. Celui-ci s'écrasa dans un bruit sourd, faisant voler la poussière du sol autour de lui.

Puis tout devint noir.

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