Tout l'orage de mon pays
Gustave Brique, jeune soldat, est envoyé au front avec le lieutenant Vicière. Lorsque Vicière tombe, criblé d’une balle précise au cœur du chaos, l’armée parle d’accident. Une bavure. Un éclat de fer malheureux. Mais Brique est accusé. Condamné à mort pour le meurtre de son supérieur. Maurice Pontdelacorde, soldat sans gloire, survivant par instinct plus que par courage, ami de Brique et témoin de l’horreur quotidienne des tranchées, décide de lutter contre le mensonge. Il se saisit du calepin que Vicière tenait avant de mourir. Là-dedans, pas de souvenirs tendres, pas de poésie. Seulement des noms. Des faits. Des accusations. Un inventaire froid, méthodique, cruel : les lâchetés, les compromissions, les petites et grandes horreurs des hommes. Et surtout, deux pages entières sur le capitaine Lucien Amouroux — officier respecté, chef redouté, homme que personne n’ose contredire. Mais plus Maurice avance, plus la vérité devient une lame. Et une question surgit, glaciale : qu’écrivait encore Vicière ? Et combien d’hommes sont prêts à tuer pour que ces pages ne soient jamais lues ? Parce qu’en temps de guerre, les premières balles ne viennent pas toujours de l’ennemi. Et dans la boue des tranchées, les hommes meurent deux fois : la première sous les balles, la seconde dans le silence, dans l’oubli, dans l’indifférence des vivants.
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