Chapitre 1

Dans ses yeux

2027 mots · ⏱ 9 min

Elle avait dans ses yeux cette chose-là Celle dont le nom m'échappe encore Je voulais m'y plonger mais le contact n'était jamais assez long Alors quand cela se faisait j'y mettais toute mon énergie Mais comme un détraqueur je la sentais absorber mon âme Alors je me perdais l'espace d'un instant, je répondais du tac au tac Elle souriait, je souriais comme des gamins de 17 ans Avec la maturité de se dire que ce n'est jamais innocent Une clope à la main qu'elle avait préalablement roulée Mes idées de femme parfaite devant sa beauté s'envolaient Ce que je voulais ? Une femme qui ne boit que lors des festivités, j'en ai trop vu d'inaptes (que ce soit fille ou garçon) Une fille indépendante et que je ne sois pas obligé de passer toujours derrière Une fille fidèle, belle, gentille, polie, qui parle bien, qui est à l'écoute, qui est intelligente, intéressante, que je peux présenter à mère Une fille qui ne fume pas Une fille qui ne me fera pas mal, qui n'a pas d'histoire à cacher Une fille qui m'aimera, moi, et pas qu'à moitié Une qui ne me trompera pas, une à qui je pourrais me sans aucune méfiance me confier Une fille à la peau claire ? Du racisme ? Non pas du tout ! Préférence mais mon cœur reste le seul décideur Et je me retrouve face à elle Entre nous une fumée qui peut me provoquer une crise d'asthme Une fille qui m'invite à voir un match Qui me parle de console, qui habite en métropole et qui repart dans à peine quelques jours Une semaine pour profiter, mission acceptée Elle était belle, un sourire aux allures de perfection sous l'asymétrie de ses commissures laissant ses deux petites canines à chaque éclat de rire se mettre en avant Elle avait dans ses yeux ces choses-là Celles dont le nom m'échappe encore Je voulais comprendre mais plus les mots étaient prononcés et plus le flou de la fille parfaite s'effaçait Ce que je voulais ? Une femme qui me fasse confiance, qui m'écoute peu importe la lourdeur de mes propos Une femme qui aime le sport Une de qui je peux parler de tout sans jugement, sans peur de me retrouver seul le lendemain Une femme aux cheveux bouclés, ça m'a toujours fait kiffer Préférence mais mon cœur reste le seul à décider Je l'écoutais, elle et son passé qui me glaçait le sang Aucun filtre, elle me parlait librement Et moi j'avalais ses mots, perdu entre la rage de ne pas l'avoir connue plus tôt et l'envie de lui dire que plus jamais elle ne connaîtra pareilles mésaventures Mais qui suis-je ? Un héros ? Déjà du mal à lutter contre mes propres blessures, À tenir une nuit sans insomnie tant je ne comprends pas la vie Pourquoi on est là ? Qui nous a mis là ? Quand ? Quel est notre rôle ? Le mien ? Le sien ? Quand il y a plus de 4 milliards de personnes qui s'en tapent royalement de ces questions et polluent, tuent, maltraitent les animaux, les végétaux, la planète Mais elle, Elle avait dans ses yeux ces choses-là Celles dont le nom m'échappe encore Qui te rafraîchissent en été et te réchauffent en hiver Te font fleurir l'automne comme un printemps incessant Ce que je voulais ? Une fille qui rigole aux éclats Éclaire mes nuits si je ne dors pas Une dont les abysses ne font pas peur Une qui veut que je me batte pour moi, qui se batte pour elle et que l'on se batte pour nous Une femme avec qui je pourrais être père Prête à être mère Prête à se mettre en avant, à défendre notre enfant Une qui peut sortir les griffes s'il le faut Elle n'était là que pour un temps, Et pour une fois je ne voulais pas plus non plus pourtant Elle me parlait de ses prétendants Mais je l’entendais comme un attention Je lui parlais d'un futur “date”, elle me disait qu'il ne faut pas jouer Que ce n'est pas chouette, qu'il faut choisir l'endroit où j'ai envie d'être "Si tu joues avec moi, c'est moi qui joue avec toi" Alors elle m'invite à discuter, partager la tablée auprès de ses amis J'en faisais partie il paraît, ce n'était pas pour éviter l'autre fille Une minute de réflexion moi qui essaie toujours de poser le pour et le contre Une fille que je connais depuis peu, cette nouvelle rencontre Cependant, Elle avait dans ses yeux ces choses-là Celles dont le nom m'échappe encore Qui te font voyager sans même bouger Te donnent des frissons comme le grand 8 sans connaître l'attraction Ce que je voulais ? Voyager, partager mes envies d'ailleurs Ne plus compter les heures au taf mais les heures avant de la retrouver Regarder les autres en me disant ce n'est pas elle Être, moi qui depuis des mois avais troqué la lumière intérieure contre la lumière instagram Les muscles, les likes, les vues, les chats Sans que pour autant j'y adhère Elle est partie, s'est envolée Les parties de jambes en l'air six pieds sous terre Je l'avais attendue et retenais Comme si elle était ma première En partant, je lui avais laissé un bout de rêve à accomplir Je ne voulais pas la voir revenir Mais la rêverie restait encore Les messages les appels à l'arrivée de l'aéroport Elle avait dans ses yeux ces choses-là Celles dont le nom m'échappe encore À transcender mon humeur, à chaque exclamation hein !!! À me faire oublier que les heures ne valent rien Ce que je voulais ? J'en ai oublié les vœux au profit de pourquoi pas “Si”, impose une condition, pas quelque chose d'irréfutable Alors si la déroute c'est pour demain ? Aujourd'hui que faisons-nous ? Se ronger les ongles ? Aurons-nous le temps pour qu'ils repoussent ? Elle se trouvait maintenant dans ce rectangle que je tapote le long de la journée Décalage horaire, retrouvailles famille, amis, Pour moi retour au sport, au taf mais je n'en avais plus envie Elle avait déposé sur mes lèvres le goût du risque Dans ma tête l'envie d'y croire Dans mon nez son parfum À l'oreille le bruit de ses bracelets Qui s'effacerait avec le temps si cela devait se passer Mais on a gardé cette attention en éveil Je la voyais au réveil Elle avait dans ses yeux ces choses-là Celles dont le nom m'échappe encore Parfois apeurée, parfois sûre, intriguée ou dure mais pure Une si forte lumière intérieure que même le diable ne s'y aventure Ce que je voulais ? L'entendre au réveil et me coucher en sachant qu'elle va bien Penser que dans un mois potentiellement je retoucherai ses petites mains Que l'on se perde, que l'on s'arrête, que l'on se trouve est déjà fou Que l'on s'aime, que l'on s'apprécie, que l'on vive c'est tout Elle voulait que ça soit simple Je trouve ça compliqué Elle aime la V O En attente apprend mon sous-titré J'essaie de ne pas cacher, de me lâcher, de dire quand ça ne va pas Ce qui est cassé est cassé On m'a appris sept fois la langue dans la bouche avant que tu parles Et elle, elle n'en veut pas Elle avait dans ses yeux cette chose-là Celle dont le nom m'échappe encore Je sais que j'y arriverai, j'ai confiance en nos accords Même si l'étendue de cette gamme on l'ignore Ce que je voulais s'en est allé maintenant c'est elle qui est en place Elle me parle d'équipe mais même blessé je ne veux que personne ne la remplace Elle n'est pas titulaire elle est unique, il n'y a pas de compétition Plus belle, plus gentille, plus sportive, plus tout ce que tu veux mais pas elle donc aucune hésitation Elle avait dans ses yeux cette chose-là Celle dont le nom m'échappe encore Une vision que je voulais approfondir Que dans ma vie elle dresse le décor Sa place au centre, focus sur nos projets La mienne à ses côtés, discussion partagée Au bord d'une falaise, l'horizon à perte de vue L'océan, la nature, le chant des oiseaux, le vent sur la nuque Un peu glacial sous un soleil éclatant, Pas de montre, pas de tel, on apprécie juste l'instant ! Mais les jours passent et les démons reviennent Les dates sombres qu'elle essaye d'enfouir sous la pelle Les innombrables tentatives échouées ont eu raison de sa peur Ils ne me connaissent pas, ni ma lueur Aussi belle est notre lumière aussi noire est notre âme Laisse-moi éclairer tes moments dark, y mettre des éclats Quelques touches et cela semble un ciel étoilé Un peu plus, une voie lactée et on peut continuer Voyageons dans ces ténèbres à la recherche du bonheur Comme vice-versa on est fait de petits êtres Laissons-les guider nos pas Parfois joyeux, parfois tristes Parfois peureux, parfois utopistes Souvent perdus reprenons la piste Elle avait dans ses yeux cette chose-là, Celle dont le nom m'échappe encore À perdre mon latin, mon français, mon anglais, mon espagnol Je ne parlais plus, je m'imaginais traverser les pôles Ce que je voulais, c'est qu'on évolue, Que ce qu'on a voulu on l'ait tout court Rendre tes jours plus simples, cheveux plus sages Sans la fortune de Bettencourt À l'image de Tesla, t'étais tous les modèles Elle me disait ne me teste pas ce serait mortel J'ai appris qu'elle a des liens qui ne se rompent pas Je créerai de plus gros, plus solides qui ne la lâcheront pas Une flamme qu'elle gardera même après la mort Je serai l'étincelle, le bois, le vent et je cultiverai chaque jour encore et encore Au diable les rêves de paradis, si c'est là-bas qu'elle le retrouvera Le mien est où elle se trouve alors je ne lâche pas On sait que c'est perdu d'avance Que notre réussite serait l'échec Que l'on fait tout mal quand on y pense On est l'inverse de ce qui a pu exister avec son ex On se suit mais tout nous fuit Quand mon bien-être est ici, le sien est déjà parti Quand le sien est de nouveau de retour, le mien est à la bourre Ne sommes-nous pas au final l'amour impossible ? Après avoir connu l'inconditionnel, la dépendance affective Quand de mon côté j'avais accepté l'horrible Je croyais qu'on serait notre chance Mais on est juste notre cible Je sais je suis l'image, le souhait de ses prières Elle est le visage, mon but sur cette terre Pourtant.. Les montagnes russes sont devenues monnaie courante Au courant, mais je ne lâche rien pour autant Elle avait dans ses yeux cette chose-là, Celle dont le nom m'échappe encore, Dans le cœur tellement de peine qui n'était que la tristesse d'amours perdus Des rêves, de l'innocence, adulte trop tôt, jeunesse à la rue Ce que je voulais, je veux, je voudrais peut-être Cultiver un peu de nous, un germe, un être Après avoir vu cet amour naître N'être que ce que nous sommes pas ce qu'on peut paraître Parfaire notre vie, par terre ne plus se retrouver Pépère sur une île, partir ailleurs s'il le fallait Falaise dans le viseur, cabane nichée, À perte de vue des oiseaux, de l'eau, la forêt Force est de constater que ce n'était pas une promenade de santé La route est encore longue, j'apprends ses hésitations, sa façon d'aimer Un jour pilier, l'autre étranger, Parfois amoureuse, heureuse, parfois envie de me quitter Indécise et sûre d'elle Précise même dans l'approximatif Elle n'est pas celle Ni le modèle ni même l'objectif Elle avait dans ses yeux cette chose-là, Celle dont le nom m'échappe encore, Et je le laisse faire Comme le vent, l'eau ou ce liquide qui traverse les matières Elle est passée au travers de mon enveloppe corporelle Je l'ai dans le cœur, dans le sang, l'esprit, l'âme devenue métronome émotionnel Ce que je voulais ? À quoi bon cela n'est que du passé Ce que je veux et je voudrais est bien mieux Alors je laisse la plume sur le côté Car de l'écrire m'empêche de profiter à deux

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