Chapitre 1

"A un rêve de toi"

4411 mots · ⏱ 18 min

Assez peu souvent le support vous racontera lui-même l’histoire qu’il renferme. En tant que “jolie carnet bleu”, sachez que j’ai eu l’honneur d’être choisit pour décrire les rencontres rêveuses d’une jeune femme qui était assez peu ouverte à la fantaisie mais qui a vécu des choses étonnantes. Habituellement, ses rêves ressemblaient d’avantages à : “ - On ne mange pas de glace dans les toboggans ! Elle cri en uniforme de corsaire blanc, en fonçant sur un homme aux dents en or accompagné de deux nanas sous plastiques - bikini. Ainsi, débute une course poursuite sur le bateau de croisière. ” Vous voyez ? Des rêves bizarres mais qui lui permettaient de faire tout l’exercice dont elle avait besoin. L’étudiante en architecture était assez terre à terre. Autant vous dire qu’elle ne croyait pas à une potentielle signification de rêve ou de l’influence de votre signe astrologique sur votre personnalité, ni même à votre placement lunaire. Néanmoins, elle dû revoir son avis sur le sujet car ses rêves lui ont fait vivre une aventure étrange. Aveline Almet sirotait une infusion citronnée en se laissant bercer par le son des cigales. Elle était assise sur les marches de la maison de famille, seule. Elle était rester pour les deux semaines avant la rentré, sa tante préféré était également présente pour terminer le premier jet de son cinquième livre. Sa tante écrivait des histoires depuis qu’elle avait apprit écrire, Aveline aurait aimé avoir ce don, car pour elle manier les mots avec tant d’aisance, était un don. Un miracle de manier l’esprit et de création. Elle aussi créait mais d’une tout autre manière. Elle se demandait si un jour les maquettes qu’elle réalisait prendrait forme et pied de pierre, si un jour, elle laisserait une empreinte sur terre car sa tante serait encore lu dans des siècles, étudier peut-être. On chercherait à trouver ses moindres pensées derrière ses mots, ses intentions, et le reflet de son âme par son invention. En aurait-il autant à dire au sujet d’Aveline ? Elle épousseta son bas de pyjama, et rentra dans la demeure qui avait abrité plus de génération qu’elle n’en avait connu, pour sûr ce lieu reflétait bien chaque âme qui y était passée, notamment sur le mur de l'entrée. Un mur, un unique pan de mur où depuis Archibald Almet, l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père d’Aveline, tous les membres de la famille inscrivaient leurs noms. Elle monta dans sa chambre, ferma sa fenêtre et se jeta dans le lit douillet où elle finit par s’assoupir. Elle émergea dans une sorte de forteresse. Le sol était inégale, les murs étaient en pierre froide et grossière, elle aurait pu se couper en passant sa main dessus. Les fenêtres ressemblaient à des meurtrières légèrement plus grandes, comme au Moyen-Age. Elle passa sa tête par l'orifice du corps de pierre et ne distingua que du bleu à perte de vue. Ainsi qu’une mer de nuage cotonneux. Elle poussa un soupir, visitant le rêve comme chaque nuit, consciente sans trop l’être. Aveline découvrit qu’elle tenait un panier à linge, rempli de serviette blanche. Elle descendait une pente et croisa d’autre femme de chambre en chemin, elles marchaient sans se voir dans la forteresse en plein ciel. Le chemin finit par déboucher sur un espace “sauna”, car des voluptés de fumée s'infiltraient sous les portes, en y ajoutant les gens en serviette. Il y avait des personnes plus grands qu’elle, aux caractéristiques étranges, qui ne la voyaient pas. Sauf lui, il avait les cheveux long, violet, il était d’une beauté à se damner. Les autres Dieu, car c’est cela que son inconscient traduit, le vénérait. Il lui sembla qu’elle était entrée dans un espace où la cour du Roi Divin prenait du bon temps. Il s’approcha de la jeune femme, lui lança un regard et partit vers l’espace de rangement. Elle le suivit mécaniquement. Là, sans prévenir, il l’embrassa à peine la porte fût-elle fermée. - Vous avez été si longue à revenir. Le rêve se jouait devant ses yeux mais son cœur battait réellement fort pour cet inconnu imaginaire. Leur étreinte passée, ils sortirent de l’espace privé pour retrouver la cour hilare. - Ce n’est qu’un servante. - Elle ne peut être à la hauteur. Les moqueries à son égard fusèrent. Le divin s’écarta et partit loin, la mine triste. Lorsqu'elle émergea de son sommeil, elle se sentait étrange. Comme si elle venait de courir un marathon, dans son ventre des papillons flottaient. Ce rêve lui avait semblé si réel, si…. Elle ressassait son rêve, quand elle se rendit compte qu’elle n’arrivait pas à se souvenir du visage de l'inconnu, comme s’il était flou, pourtant elle l’avait vue clairement dans son rêve, il avait dans les yeux ce quelque chose de… Conscient. Elle se leva, refit son lit et se dit le mieux était d’oublier, de se débarbouiller le visage. Elle passa sa journée à la piscine, commanda une pizza avec sa tante qui s’était enfin accorder une petite pause. Aveline avait vainement essayé d'oublier le manque ressentie au réveille après avoir quitté l'homme. Assise sur le canapé, la télé en marche, le fromage fondant, Aveline se risqua à aborder le sujet auprès de sa tante. - Il t’es déjà arrivé de faire un rêve étrange ? - Comment ? Précise ta pensée. Avalant une bouché, s’essuyant la bouche, elle continua. - Je sais pas, comme si c’était réel ? - Parfois, pourquoi cette question ? Par peur de paraître suspicieuse, elle se tut en mimant une vague de la main pour chasser le sujet et plus tard dans la soirée, bien après sa tante, elle partie se coucher. - La princesse est en fuite ! Elle était dans un joli village qui ressemblait à la célèbre photo de la ville d’Italie qui été sur son fond écran d’ordinateur. Les rues pavés, les maisons basses et coloré. Les armures des soldats clinquant et elle courait. Aveline courait en robe rose, les pieds nus, car ses chaussures auraient été un frein. Elle se stoppa net contre un mur et les soldats la doublèrent sans la voir. Elle poussa un soupir de soulagement. Puis une main se plaque sur la sienne et elle le vit. elle le vit ! Le même homme que dans l’autre rêve, il n'avait pas le même physique, ses cheveux étaient courts et blond, ses yeux verts, plus petit aussi. Il la conduisit jusqu'à une sorte de péniche, un petit bateau flottant qui était aussi une sorte de maisonnette, une vieille dame a chat était dedans, près de la fenêtre, leur souriant avec bienveillance. Il lui prit la main, la câlina, puis cacha Aveline, le temps que deux soldats passent. Ensemble au bord du bateau, les pieds au-dessus de l’eau. Pas un mot ne fut échangé. Ils étaient si bien, assit ensemble. Un sentiment de quiétude l'envahit. Puis une petite fille, une blonde, sortie de la maison, se frottant les yeux. Elle lui sourit et la prit dans ses bras dans un élan maternel. Elles jouaient un peu sous le regard aimant du jeune homme. Elle remarqua que son pantalon était un peu court, puis il confia l’enfant à la dame âgée et ils se mirent à marcher dans les rues pavé inégales, sans doute la raccompagnait-il ? Des gardes les aperçurent et coururent sur eux en donnant l’alerte, ainsi elle était la princesse. Elle se mit à courir avec lui quand il lâcha sa main et s’arrêta, la laissant courir seule vers un endroit inconnu. Elle se réveilla, avec la même sensation que la veille. Et cette fois, elle savait que c’était le même homme, il y avait un quelque chose dans ses yeux qui n'appartenait qu’à lui. Mais était -ce possible ? Non, l’idée même de formuler sa pensée lui semblait absurde. Aveline s’y risqua tout de même, pouvons-nous partager un rêve ? Comme une sorte de connexion inconsciente ? Mais pourquoi ? Et surtout comment ? L’esprit embrouillé, elle décida d’aller en ville. Aveline réussit à convaincre sa tante de l’accompagné, peut-être la promesse d’un brownie aida. M’enfin, passant devant une librairie, Aveline se dit qu’un carnet pourra lui être utile. Elle était du genre de fille qui s’achetait des tonnes de carnets sans jamais les remplir car elle avait peur de ne pas en faire le bon usage. Ainsi, chez elle, reposait un cimetière de vierge carnet magnifique. Elle prit tout de même un carnet de taille moyenne et l’examina, il était joli, bleu et doré. La veille, avant de monté au lit, sa tante lui avait dit une sage parole : “ Quand quelque chose me tracasse, j’écris, tu devrais essayer”. Peut-être Aveline aurait dû rebondir sur le fait que sa tante écrivait constamment, ce qui était sans doute un poile inquiétant. Cela étant, elle le paya et su que ce soir-là, elle y apposera son écriture. Le soir même, elle s'endormit avant d’avoir pu inscrire le titre du carnet. La jeune femme reprit conscience dans une sorte de grand marché couvert, bruyant et bondé de monde. Sa salade n’était pas fraîche et elle était épuisée. Ce rêve-ci, ne semblait pas bien différent des autres, elle comprit qu’elle aidait une amie, toute deux accompagnées d’une femme en robe stricte et au chignon si serré qu’Aveline en eu une migraine rien qu’en le regardant. Comme si la dame avait voulu se lifté le visage à coup d’épingle à cheveux. Sans prévenir, un sentiment d’urgence la commanda. Elle ne comprit pas la raison de l'empressement qu’elle ressentie, comme si son cœur allait exploser, une douleur vive, et qui l’empêcha de poser son regard fixement sur quelque chose. Aveline fila à travers la foule, elle savait que son devoir était de rester sagement et d’aider son amie mais elle devait le rejoindre. Elle reconnut, sans même qu’il ne soit encore là, que c’était de lui qu’il s’agissait. Elle courut hors du bâtiment, l’air frais lui caressa le visage et lui souffla la direction. Ainsi, elle se dirigea directement vers un bâtiment non loin, en pierre blanche et sévère. La grande porte en bois marron austère la nargua par sa hauteur, malgré son poids, Aveline la poussa sans peine. Elle suivait son rêve tel le manuscrit mais son esprit était plus conscient que dans ses rêves hilarants ou “normaux”. S’engouffrant dans un hall sombre et froid, elle reconnut une sorte d’école privé de garçon, du moins, son âme le ressentait comme était un vérité. Le hall était assez restreint, tout droit une autre porte grande ouverte dégageait la vue sur un espace extérieur où des jeunes hommes se combattaient à l’épée sous le regard d’un professeur. Sur la droite, une autre porte verrouillée, et un escalier le long de ce même mur, qui montait en tournant ; Sur la gauche une arche, pas de porte. Ce devait être le réfectoire, non, c’était le réfectoire. Il y avait deux grandes tables alignées en parallèle. Ce qui lui rappela son cours de géométrie du lycée, sa professeure avait affirmé que deux droites parallèles ne pourrait jamais se toucher ; Aveline y voyait maintenant une triste ironie, comme deux destins liés qui ne devrait être ensemble. Elle prit une profonde inspiration et monta l’escalier du hall qui débouchait sur un palier de deux portes. Séparé par d'interminables présentoirs où trônaient des bustes d’homme important et barbant. Etrangement, elle savait que la première salle était dédier aux réunions avec sa table immense et ronde - ovale- et que la seconde pièce était le bureau du directeur. Puis, une troisième porte discrète se distingua, elle l’enfonça et s’y engouffra. Une petite pièce éclairée d’un unique vitrail rond au-dessus d’elle. Pour meubler une table de chaque côté de la porte avec vase vide, un tapis circulaire et deux fauteuils en cuir, une bibliothèque peu fournis et un bureau. La porte s’ouvrit brusquement derrière elle, elle eut peur puis se retourna. Il l’enlaça avec fougue, sans un mot. Aveline ne réfléchis pas et le prit dans ses bras; Elle constata qu’il pleurait, un noble chevaliers qui fondait en larme dans ses bras. Il l’embrassa comme si sa vie en dépendait, s'agrippant à elle comme à un phare en pleine tempête. Elle avait le cœur serré par ce spectacle. Sans savoir pourquoi, elle comprenait. En silence, ils redescendirent les escaliers, lui devant. Deux de ses camarades le réceptionnèrent entre le réfectoire et la cour prenant un chemin opposé à celui d’Aveline qui s’en retournait à sa salade molle. L’après -midi venait de débuter quand Aveline sortit de son monde. Elle avait ressassé ce rêve en boucle. Trop de questions tournaient dans sa tête. Elle les avait toutes inscrites en même temps que ses rêves dans le joli carnet bleu. Pourquoi elle le reconnaissait alors qu’il n'était jamais le même ? Qui était-il ? Car malgré la folie de son raisonnement, elle croyait qu’il pouvait tout à fait être réel. Elle comprit aussi que chaque fois, le destin les séparaient comme si leur amour ne pouvait éclore, comme si quelqu'un l'arrachait après avoir laisser la graine germer, les racines s'enfoncés, pour que la douleur ne soit que plus forte. Elle passa sa journée à le décrire, même si les traits de son visage étaient flous, elle se maudit de ne pas avoir payé l’abonnement aux images non censurées dans sa mémoire… En parlant de mémoire, elle avait toujours ce sentiment que ces rêves lui appartenaient plus intimement que comme simples rêves. Elle chercha si la communication entre deux personne par le biais d’un rêve pouvait se faire mais d’après internet, jamais cela n’avait fait l’objet de questionnement, ce qu’elle trouvait fort regrettable et si elle avait pu noter sur un site les domaines sur lesquels les humains expérimentent et se questionnent, elle aurait mis : “Parfois utile, parfois dangereux mais restreint. On n'explore pas suffisamment ce qu’on ne peut pas voir. “ - Une Étoile (même si, en y associant la valeur d’achat d’une étoile, s'était donné trop de crédit car oui, on peut acheter des étoile sur internet mais pas trouvé de relation entre des rêves passerelle qui exercerait un rôle de face-time). - Tante Mély, tu pense qu’on peux communiquer via un rêve ? - Peut-être que l’on souhaite te faire passer un message ? Tu sais parfois nos rêves traduisent nos peurs, nos joies, nos attentes. Aveline réfléchis. - Une rêve peut-il nous préparer à quelque chose qui va se produire sans que l’on le sache ? - Ah ma petite Aveline, on sait bien peu de chose sur le tissu des rêves, mais peut-être est-ce un avertissement ? Ou une traduction d’une envie que tu refoules ? Petite, je rêvais tout le temps que je portais des chaussettes dans la neige. Ne vas pas me demander pourquoi, je ne sais pas, et bien, un jour j’ai décidé de le faire, et la nuit d’avant, j’ai rêvé que j'étais malade. Le lendemain, les pieds dégoulinant sur le perron, grand-père m’a sermonné. Après je me suis rendu compte que mes orteils étaient gelés. - Et donc ? Demanda Aveline. - J’ai été bien malade et comme peine j’ai eu le droit à un bouillon infecte. Elles rirent et partir chacune vers sa chambre. En secret, Aveline avait très envie de le retrouver cette nuit encore, et elle avait la sensation qu’encore une fois, il viendrait à elle. Sa vue s’adapta sur un hall de gare assez petit. Une dizaine de personnes étaient présentes, valise en main. Elle en avait aussi une. Les gens attendaient, et elle constata en promenant son regard, que le guichet était fermé. Il y avait une large porte menant hors de la gare et une autre en parallèle menant au quai. Deux fenêtres de chaque côté des portes. Elle observa un peu tout le monde sans s’attarder. Puis un jeune homme entra, il était d’un roux clair, des lunettes sur le nez. Il n’avait pas de valise. Il l’a regarda et elle le reconnut. Il en fut un peu surpris puis il partit dans un coin, les mains dans les poches et la mine curieuse. Puis une détonation retentit, un homme, grand et brun, apparut dans l’encadrement de la porte du quai. Il montra son arme et réclama que tous se mirent à terre. Il ordonna la fermeture des volets. Ainsi, peu de lumière filtrait. Le jeune homme des rêves d'Aveline alla à sa rencontre en lançant des œillades discrètes à la jeune femme. Il semblait se rétracter, puis se résigna face à son complice. Le rêve passait et les gens étaient de moins en moins nombreux dans la gare, jusqu'à ce qu’il n’y ait plus que le duo et elle. Elle avait fini par comprendre qu’elle était une riche héritière et que le but des deux hommes était la rançon. L’homme au cheveux noir avait envoyer les autres voyageurs comme messagers. Au fil des jours, Le jeune homme aux boucles rousses se rapprocha d’elle, allant même jusqu'à céder à l’amour. Malgré tout, son ami ne voyait pas les choses de cette façon. Ainsi lorsque l’amoureux réclama l’abandon, il lui infligea une balle entre deux côtes. Aveline cria d'effroi. Le jeune homme finit par lui dire de partir, qu’il ferait diversion, qu’elle devait prendre le train qui allait arriver - sans lui. Il la conduit hors de la gare, le train arriva, elle monta et eut juste le temps de le voir s'écrouler sur le sol, son complice derrière avec son arme fumante. Elle se réveilla, la gorge serré et les larmes roulant sur son visage. Elle pleurait, et souffrait comme si son âme venait de rouvrir une plaie. Elle transcrit son rêve, rechercha des indices, mais ne trouva rien. Elle sentait que la réponse était en elle et que lors de ses rêve elle était plus consciente de ce qu’il se passait que ce qu’elle pensait une fois réveiller. Elle espérait ne pas devenir folle, mais ce qui passait dépassé l’entendement, et c’était si réelle, si beau, si triste. Elle passa la journée qui suivit et les autres jours à se distraire. Elle ne voulait plus y penser, jusqu'à la veille de son départ où sans le vouloir elle dessina une esquisse du vitrail dans la salle circulaire. Dessin qu’elle froissa et jeta avec rage et larme dans la cheminée, bien que cela n'effacera que sa trace matérielle et non pas son existence dans l’esprit d’Aveline Almet. La jeune femme se glissa sous les draps en frissonnant. Elle se retrouva hors d’haleine à côté d’un grand et haut panneau qui annonçait l'entrée et la sortie d’une ville en bord de falaise. Elle vit une voiture et des rues animées, sans qu’elle ne saisisse tout, les semaines passent. Elle le rencontre au détour d’une rue en lui rentrant dedans, se confond en excuse et il fait de même. Ce monde était si terne, si gris mais sa présence colorait l’espace autour de lui. Il y avait le manoir, la voiture noir, et le magasin de jouet ravissant où il m’emmena le sourire aux lèvres me promettant que cela me plairait. Elle admirait les détails, riait et puis tout a cessé. Il lui prit la main soucieux et le décor changea, les jouets subsistent mais les murs de la boutique ont été remplacés par une forêt. Malheureusement, avant qu’il ne puisse agir, Aveline se fait poignarder et heurte le sol sans pouvoir se rattraper ou s’accrocher. En ouvrant les yeux sur leur chambre au manoir, dans leur lit, elle remonta le drap sur son ventre arrondit qui dépassait. Il était près d’elle, la main dans la sienne pendant que le médecin réfléchissait. L’homme en blouse blanche et sac en cuir lui demanda une courte entrevue près de la porte. Des chuchotements, le médecin secoua la tête et partit la mine triste. Il semblait en proie à un profond désespoir. La suite se passa vite, il l’emmena dans sa voiture jusqu'à la porte de la ville, là où elle avait atterri. Là où il l’a rencontrée. - Je pourrai revenir. Il la supplia presque sans un regard. - Tu ne peux pas, nous ne sommes pas du même univers. La phrase résonna en elle, c’était la première fois qu’un mot de lui apparut si clair, si logique, si profond. Aveline osa tout de même : - Mais je pourrai appartenir à celui-ci. - Non, je ne veux pas que tu renonces. Les larmes brouillèrent sa vue tandis qu’elle le vit s’en aller. A ce stade, le réveil fût laconique, elle se sentait vidé de son énergie. Elle venait de perdre tout ce qu’ils avaient construit, et tout ce qui aurait pu être. Aveline prépara sa valise, prit un petit déjeuner sans saveur. Serra fort sa tante avant de partir comme si elle aussi allait la quitter brusquement. Elle se surprit à espérer le voir arrivé par la porte de la gare que se soit en dieu puissant au cheveux long, en ami du village, en chevaliers noble, en coureur de bourse, en ou encore en homme portant simplement un long manteau noir et un haut de forme qui lui prendrait la main jusque dans leur manoir pour assembler le berceau ensemble. Sa tête brûlait de question que son train fut annoncé. Elle s’installa sur un siège. Elle pourrait sans aucun doute s’occuper en favorisant la libération de dopamine avec son rectangle de lumière bleu mais elle n’en avait pas envie. Elle pleurait intérieurement, elle l'avait perdu lui et cet enfant. La tête reposant contre la vitre, le paysage défilait, des arbres dansant qui resteront toujours ici mais qui voyaient un nombre indécent de voyageurs chaque jour. Les arbres se tortillaient sous la brise et la saluaient. La brume qui naquit ne lui permettait plus d’imaginer la vie de ces êtres naturels. Elle dû s’assoupir car lorsqu'elle ouvrit les yeux, le train était à l’arrêt. Elle jeta un coup d'œil à sa montre pendant que des personnes montaient et descendaient. Soudainement, elle releva la tête et il monta. Un jeune homme. Ce jeune homme. Il releva la tête et leurs yeux se croisèrent. Des yeux verts, telle une forêt dense. Une forêt où ils auraient été prendre une collation sur une nappe rayée et délavée. Aveline se serait mise à faire des couronnes de feuilles tout en lui narrant ses souvenirs d’enfance. Il aurait gloussé en la voyant trébucher sur une racine bronzante. Son diadème de fée sur la tête, elle l'aurait taquiner jusqu’à ce qu’une abeille, puis deux, puis trois,…, viennent dans le but de faire leurs travaille de butineuse même si cela veux dire leurs faire prendre leurs jambes à leurs cou, hilare et essoufflé. Des cheveux blonds comme la lueur du jour. Lorsque le soleil, filtré par des rideaux, se retrouve en rayon éparpillé sur les meubles. Quand un matin, disparu du lit. Soudain, il arriva avec des fleurs aussi roses que ses lèvres bien que moins douces. Ses cheveux couleur or, en arrière. Agenouiller, une boîte en main, des larmes perlant au creux de ses yeux, touchant ses long cils bruns. Il ouvrit la boîte sans même parler, une bague couleur d’ambre. Son teint pâle, comme figée dans un temps de cathédrale. Ce contraste avec son costume bleuté, et la similitude entre la robe blanche de la jeune femme et la couleur de sa peau. Comme une page vierge, qui devient le contrat d’une vie. Leur vie. Des mains fines aux doigts de pianiste. Les mêmes mains que celle qu’elle a serrée lors de la naissance de leur amour, cette enfant issu de leur symphonie . Un mélange subtil et harmonieux. Une peau de velours, comme les draps de leur lit, aussi doux que leurs moments partagés. Une peau qui, comme les arbres, prendra avec le temps de multiples lignes de souvenirs. Des rides d’inquiétude lorsque leur fille rentrera tard le soir, des rides de joie pour tout leur fou rire, des cernes pour toute leur nuits d’insomnies et d’amour. Puis, les dernières rides, celles de colère et de tristesse jumelés, celles pour lesquelles on ne pensait pas avoir la place, car la vie s’achève. Celles d’avoir perdu son amour plus tôt, celle d’avoir perdu Aveline prématurément peu après leur noces de diamants. Et ce nez royal, qui, peu après, cessa la transmission d’air, et offrit un dernier souffle amère. -Ce siège est-il libre ? Aveline lui sourit et lui répondit sans parler, d’un simple hochement de tête. Il s’assit près d’elle et elle retourna à la contemplation silencieuse du décor extérieur. Etrangement, elle se sentait enfin complète. Puis, vint son arrêt, il se retourna avant de descendre et elle vit dans ses yeux ce qu’elle avait toujours vu dans ses rêves, une connexion d’âme. Le temps s'était figé, devait-elle le suivre ? Se jeter dans ses bras ? Construire une vie en attendant que le sort les sépares à nouveau ? Aveline, qui n'avait jamais osée utiliser ses jolies auto-collant par peur de faire le mauvais choix, qui regrettait toujours de devoir choisir entre deux desserts... Lui, il aurait prit l'un et elle l'autre, ils auraient partager chacun une moitié. Il retourna vers elle, lui tendit sa main dépourvue d'alliance. Elle pourrait faire l'ignorante, y glisser sa main insouciante. Après tout, qui affirmerait que cette vie-ci serait aussi une séparation ? En elle, un combat se jouait pour savoir que faire. Il pencha la tête comme une énième demande, elle lui sourit, et secoua la tête. Elle ne saurai dire ce qui avait été le plus dure; Les larmes qui s'étaient formés dans les yeux de sa moitié d'âme où le voir refermer sa main vide. Il descendit du train, s'arrêta près de la fenêtre de la jeune femme et tapa sur son téléphone. Il lui montra l'écran : " Notre fille s'appelait Isalys." Elle aurait comprit même s'il ne l'avait pas précisé, la jeune enfant de la péniche, du champs de blé et celle qu'elle attendait au manoir. Le train reprit son chemin. Sagement assise, les larmes noyant son visage, elle aurait pu le rattraper pour ses vies, ses fragments de souvenirs où ils n’avaient jamais le droit d’être ensemble, et qui lui avait volé son cœur. Mais ils avaient déjà eut leur vie heureuse, une vie longue faite d’amour et de joie. Aussi, elle comprit que dans cette vie-ci c’était à elle de le protéger de leur amour. Elle savait qu’elle vivrait avec le manque de tout ce qui aurait pu être mais se refusa d’y penser, car il lui resterait toujours le souvenir du champ de blé.

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