On pourrait penser à un grand ménage, l'appartement de fond en comble est retourné. J'ouvre les tiroirs, déplace les objets, passe sans m'arrêter de la cuisine au bureau, du bureau au salon, du salon à la chambre, pour me retrouver encore une fois dans cette vieille cuisine trop grande, trop flashy, trop, trop, trop ! Je me baisse, regardant sous le canapé. La couche de poussière me fait éternuer. Peut-être derrière le meuble TV ? Toujours pas. Sous le lit dans ce cas ? On ne sait jamais. Et puis, au point où on en est, pourquoi ne pas aller regarder au fond de la cuvette des WC ? Après tout, une inadvertance peut toujours arriver. Une heure que j'aurais dû partir, quarante-cinq minutes que j'aurais dû arriver, et une heure trente que je cherche ce foutu trousseau de clés. Il s'est comme envolé. Il s'est certainement dématérialisé, car une chose est sûre : si un jour il a existé sur cette terre, il n'en faisait plus partie. Désespérée, je me décide enfin à quitter cet appartement enchanté. Tant pis, je partirai, et quel que soit le moyen, j'y arriverai à cette soirée!
Pour ne rien arranger, il pleut à grandes cordes dehors. Je mets mon manteau, et là, Eurêka ! Je n'y croyais plus. Pourtant, il était bien là. Depuis tout ce temps, au chaud dans la poche de mon manteau.
Les clés sont des objets bien étranges. Elles arrivent à nous faire passer d'en avance à en retard et de calme à énervé. Il faut croire que même sans magie, certains objets sont maudits.
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