Ave César
Perplexe, je regardais l’engin, installé au milieu du salon du château du 18ème siècle dont je venais d’hériter. Incongru et insolite.
Un vieil oncle célibataire et sans progéniture connue me l’avais légué.
Nous n’étions pas très proches, et je crois que j’étais le seul de sa nombreuse famille à lui rendre encore visite ces dernières années. Mes parents, mes oncles, tantes et autres cousins avaient tous renoncé à sa fréquentation. Il faut dire que le personnage n’était pas très agréable, souvent ronchon, critiquant tout et n’aimant quasiment personne. J’étais l’exception qui confirme la règle, ce qui pouvait s’expliquer par le fait que nous partagions une passion commune : l’Histoire. Avec une préférence marquée pour une même période, celle de l’Antiquité grecque classique.
Une semaine plus tôt, j’avais assisté aux obsèques de mon oncle et prononcé son oraison funèbre en invoquant Alexandre le grand dont il était l’un des plus fervents admirateurs, à l’exception de sa conquête du Penjab qui avait, selon mon oncle, ouvert la porte à la colonisation anglaise. Il avait maintes fois regretté que l’empereur décède aussi jeune et qu’il ne reste aucune trace concrète de ce magnifique héros. Tout ce que l’on savait de lui était rapporté, modifié, présenté de différentes manières, selon le point de vue qui arrangeait l’auteur ou les lecteurs, et sans doute peu fidèle à la réalité des choses.
Autour du cercueil, nous étions peu nombreux : pas de famille, aucun ami, un ancien collègue de la faculté de Brest, où il avait enseigné, qui représentait l’institution, un voisin égaré, deux préposés des pompes funèbres et un notaire.
L’inhumation terminée, celui-ci s’était présenté comme le dépositaire du testament de mon oncle et m’avait prié de bien vouloir passer à son cabinet le lendemain matin. Lorsque je m’y étais rendu, j’avais appris que j’étais devenu légataire universel. Tous les biens de mon oncle me revenaient. Ils étaient nombreux. Je me trouvais désormais à la tête d’un patrimoine immense qui comprenait le château dans lequel résidait mon oncle, les parcs, bois, étangs et terres agricoles qui l’entouraient, des millions astucieusement placés dans des sociétés offshores, des lingots soigneusement conservés dans un coffre à la banque de France ainsi que quelques centaines de milliers d’euros qui m’attendaient tranquillement sur un compte bancaire courant.
— Pour vos premiers frais, m’avait dit le notaire, simplement de quoi voir venir.
— Largement de quoi voir venir, avais-je pensé, en comparant nos échelles de valeur, parfaitement dissemblables.
L’homme de loi avait ajouté que, pour entrer en possession de cet héritage, il me faudrait toutefois remplir une condition. Lorsque je lui avais demandé laquelle, il ne m’avait pas répondu directement, mais m’avait remis, très cérémonieusement, un carnet usagé dont la couverture noire de moleskine était un peu passée de mode, m’indiquant qu’il constituait le mode d’emploi d’une machine improbable, que j’aurais sans doute beaucoup de plaisir à découvrir, afin de remplir la condition supplémentaire posée par mon oncle.
J’en doutais, mais n’avais pas le choix, la machine improbable et le carnet faisait tous deux partie de l’héritage que j’avais accepté.
— C’est très facile, vous verrez. Tout y est clairement expliqué, m’avait indiqué le notaire en désignant le carnet, avant de retourner à sa chère étude.
Devant l’engin, je me demandais si j’avais eu finalement raison de dire oui car je ne voyais pas du tout à quoi cette machine pouvait bien servir. Afin de le savoir, j’ouvris le carnet à la première page et commençais ma lecture.
Mon cher neveu,
Avant de t’indiquer le fonctionnement de cette machine à remonter le temps, que j’ai eu autrefois l’occasion d’expérimenter, je vais tout d’abord te relater mon expérience personnelle. Elle n’est pas récente et date du temps où j’étais étudiant. Tu te doutes que c’était il y a bien longtemps ! Je me souviens d’une après-midi d’octobre sournoise, pluvieuse et triste et du professeur d’Histoire, perché sur son estrade, qui affichait une mine réjouie en nous annonçant le sujet de l’épreuve du jour. Ebahi, stupéfait, incrédule, j’avais observé le visage de mes camarades qui n’y croyaient pas non plus. Nous allions tous devoir monter dans une capsule temporelle, spécialement bricolée pour l’occasion par un professeur du département de Physique de l’Université, et nous rendre dans le passé afin de corriger une erreur historique d’importance.
Mon cher neveu, je t’entends de l’au-delà me traiter de vieux fou et tu n’as certainement pas tout à fait tort. J’ai eu moi-aussi la même réaction que toi à l’époque, mais c’était avant d’essayer la capsule et de me rendre compte qu’elle fonctionnait parfaitement. Afin de t’en convaincre, je poursuis mon récit.
L’annonce du professeur d’histoire fut suivie d’un brouhaha de contestation qui monta de l’amphithéâtre et s’éteignit très vite, lorsque celui-ci précisa que l’épreuve possédait le coefficient le plus fort des matières proposées pour obtenir le diplôme de fin de cycle et que, pour ceux qui n’acceptaient pas de s’y soumettre, ils pouvaient, non seulement, dire au revoir à leurs chères études, mais aussi se trouver rapidement un travail au rabais mal payé.
Une fois cette annonce faite, je fis donc la même chose que mes condisciples. Je me tus, en me demandant toutefois si le professeur d’Histoire n’était pas devenu fou, mais tout comme eux, je compris que je n’avais guère le choix. Je pris donc mon tour dans la file d’attente qui patientait devant la capsule, puis reçu, comme chaque étudiant, un petit papier blanc, plié en quatre, avec interdiction de l’ouvrir pour le moment. Je grimpais dans l’engin et m’assis sur un banc de bois sommaire situé à l’intérieur de la capsule temporelle, en compagnie de mes camarades.
La porte se ferma. Derrière les hublots, le professeur d’Histoire nous fit le signe convenu par avance. Nous pouvions désormais déplier notre feuille afin de découvrir le nom de la personne que nous allions rencontrer, ainsi que l’erreur que nous étions chargés de corriger. La lecture du message m’étonna au plus haut point : « Tout le monde pense que César fut Empereur Romain. C’est faux. D’ailleurs vous allez pouvoir le vérifier en lui demandant directement ».
Jules César ! Tiens donc ! J’ignorais presque tout de lui et je me demandais pourquoi le professeur l’avait choisi pour moi qui n’aimais, à l’époque, que la période du Moyen-Âge, ses gentes dames, sa poésie courtoise et surtout démonter toutes les idées fausses sur ces presque mille ans que l’on connaissait très mal. La période de l’Antiquité, la Démocratie grecque, les Dieux égyptiens ou les batailles des légions romaines me parlaient si peu que je n’avais même pas pris la peine de réviser le sujet pour l’examen de fin d’année. En y réfléchissant, c’était peut-être pour cela que le professeur avait fait ce choix.
La capsule temporelle ronfla, vibra, s’éleva dans l’espace confiné de l’amphithéâtre, creva le plafond et se dirigea à toute vitesse vers le nord de Paris. Dans l’habitacle, une fumée blanche commença à se répandre autour de nous. Je vis la plupart des étudiants s’endormir instantanément, avant de sombrer à mon tour dans un sommeil agité.
Je me réveillais brutalement et n’eut pas le temps de comprendre ce qui m’arrivait, me sentant violemment poussé dans le dos. En me retournant, j’aperçus un légionnaire romain et constatais avec étonnement que je me trouvais sur un champ de bataille, au beau milieu du bruit des armes. Autour de moi, les combats faisaient rage.
— Antecessum ! m’indiqua le légionnaire d’un ton peu engageant.
J’en déduisis qu’il fallait avancer et obtempérais devant cette brusquerie toute militaire. Puis, je levais la tête et distinguais, de loin, un homme richement habillé vers lequel le soldat me dirigeait. Je ne me demandais pas longtemps de qui il pouvait bien s’agir car je m’en doutais un peu.
— César ? interrogeais-je, une fois arrivé devant lui.
— Sois poli gamin ! me tança-t-il. On dit : « Ave Julius Caesar » lorsqu’on arrive devant moi. Nous n’avons pas encore été présentés et je ne crois pas que nous ayons gardé les oies du Capitole ensemble pour que tu puisses te permettre d’être aussi familier.
— Excusez-moi César Empereur dis-je, confus et rougissant.
— Empereur ? Ah ! la bonne blague s’exclama César en se tapant sur les cuisses, qu’il avait très musclées. Mais vous apprenez quoi à l’école ?
— Euh… répondis-je étonné. Vous n’êtes pas Empereur de Rome ?
— Mais pas du tout ! Ou alors pas encore, s’amusa César. Remarque, si tu as des infos que je n’ai pas, je suis preneur. T’es un marrant, toi, dis-donc ! Mais tiens, tu me donnes une idée !
— Je ne comprends pas. Vous êtes bien César Imperator.
— Effectivement.
— Mais alors…
— Quand je te disais que vous n’apprenez rien à l’école, s’agaça César. Imperator ne veut pas dire Empereur.
— Ah bon ? m’étonnais-je.
— L’Imperator, poursuivit César, c’est celui que les soldats d’un général en chef désignent sur le champ de bataille par une ovation, le reconnaissant ainsi comme le chef des troupes, le Chef, quoi ! le meilleur des soldats victorieux, celui capable de les commander. Nous sommes plusieurs dans ce cas comme Scipion l’Africain, Marius ou Pompée. Tu as entendu parler d’eux au moins ? s’inquiéta César.
— Vaguement.
— Quand je te disais que vous…
— N’apprenez rien à l’école, je sais, le coupais-je, faisant fit du respect dû à sa personne. Pourtant tout le monde vous désigne comme Empereur : dans la pièce de théâtre de Voltaire « Jules César », la chanson de Georges Chelon « Il faut rendre à César » ou encore au cinéma dans « Astérix et Obélix contre César ».
— Connais pas ! répliqua César.
— Et Napoléon, celui qui se prétend empereur, comme vous, avec sa couronne de lauriers, son aigle impérial et son manteau d’hermine, vous ne le connaissez pas non plus ? questionnais-je effrontément, perdant tous mes repères temporels.
— Encore moins. D’ailleurs, soit-dit en passant, les couronnes de laurier, c’est pour les athlètes grecs, pas les Imperator Romains.
— Alea jacta est ! soupirais-je, tout en ne sachant plus très bien ce que ça voulait dire.
— Jacta alea est ! rectifia César. Bon, ce n’est pas tout ça mais là, j’ai un peu de travail et des troupes à aider, surtout si je veux rester Imperator ou devenir Empereur. Si ça ne t’ennuie pas, je vais devoir te laisser.
— Pas de problèmes. Merci à vous. Je vais pouvoir retourner dans le futur pour expliquer à mon professeur d’Histoire que je suis venu, j’ai vu, j’ai vécu, lançais-je, afin de corriger cette erreur impériale.
— Vaincu.
— Comment ça vaincu ?
— Pas vécu, vaincu. La phrase correcte, c’est « je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu », Veni, vidi, vici. Je le sais bien. C’est moi qui l’ai prononcée quand j’ai vaincu Pharnace II, roi du Bosphore. Très facilement d’ailleurs, si je puis me permettre, vu qu’il ne savait absolument pas conduire ses troupes au combat.
— Encore une erreur à corriger, soupirais-je. Bon d’accord vous n’avez pas vécu.
— Mais bien sûr que si j’ai vécu ! s’irrita César. Et vaincu aussi. Puisque c’est bien ça le plus important pour devenir Imperator.
— Vous voulez dire Empereur ? risquais-je, avant d’ajouter, devant l’air courroucé de César :
— Je plaisante.
— J’espère bien. Dis-moi gamin, puisque finalement tu m’es sympathique, je vais te donner une petite astuce pour retenir que César est Imperator et non Empereur. L’histoire ne retient que le nom des vainqueurs et oublie tous les autres. Celui du général en chef, ovationné par ses troupes, demeure, à la différence de ceux désignés par un pouvoir quelconque, qu’on oublie rapidement.
— Merci pour tout et Ave César ! ajoutais-je en m’éloignant.
La phrase était incomplète et mieux valait ne pas la prononcer jusqu’au bout, surtout que je ne la connaissais pas. La suite de celle-ci, c’est un de mes camarades qui me l’a apprise, lorsque je suis remonté dans la cabine pour le voyage de retour. Lui avait rencontré Christophe Colomb qui n’avait pas découvert l’Amérique, à la différence d’Amerigo Vespucci, qui lui l’avait fait, quelques années plus tôt.
— Tu l’a salué de cette façon ? s’était-il étonné.
— Oui pourquoi ? lui avais-je répondu.
— Tu connais la suite de la phrase ?
— Non.
— Morituri te salutant ! autrement dit, ceux qui vont mourir te saluent.
— Ouf ! m’étais-je exclamé. Finalement, l’ignorance a parfois du bon.
Inutile de te dire, mon cher neveu, que mon professeur était loin d’être d’accord avec moi, mais qu’il ne m’en tint pas rigueur, puisque je décrochais mon diplôme de fin de cycle avec une moyenne plus honorable.
Maintenant que je t’ai raconté mon expérience, voici la condition supplémentaire que je te demande de remplir avant d’entrer en position de mon héritage, qui est conséquent, comme tu as dû t’en apercevoir. Aurais-tu l’amabilité de bien vouloir utiliser la capsule temporelle pour aller dire un petit bonjour à Alexandre le grand, consigner sur lui un maximum de renseignements et écrire un livre d’histoire qui rétablisse enfin la vérité sur ce combattant d’exception, mais surtout lui demander de renoncer à la conquête du Penjab et de la vallée de l’Hindus ? Le fait que personne ne dispose de réelles informations et que chacun s’empare du personnage, pour l’utiliser à son profit, m’a toujours chagriné, de la même façon que la colonisation opérée par la perfide Albion en invoquant le nom et les exploits de mon héros préféré.
P.S Le mode d’emploi de la capsule temporelle est très simple. Il suffit d’appuyer sur le bouton rouge situé à droite sous le quatrième banc de la troisième rangée pour que l’engin démarre et trouve son chemin tout seul. Le brouillard soporifique se déclenche automatiquement pour le temps nécessaire. Petite précision supplémentaire : le mode d’emploi est le même pour le retour.
Bon voyage mon neveu, et merci à toi.
Je demeurai un instant coi, le carnet à la main, regardant l’engin d’un air désobligeant. Mais qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Une blague pour tester mon amour de la famille, même légèrement barrée ? Une épreuve idiote ? Une émission de télévision du style caméra cachée ?
Je regardais la capsule temporelle, qui paraissait hâtivement construite par un bricoleur du dimanche, faite de pièces de métal cabossées qui ne tenaient que par un laborieux assemblage de vis tordues. Il était hors de question que je m’installe là-dedans.
En y réfléchissant, cet engin ne pouvait pas, ne devait pas exister. Pourtant, il était bien là. Sous mes yeux. Les propriétés physiques du temps interdisaient, en principe, qu’une rencontre entre Alexandre le grand et moi, ou entre mon oncle et Jules César, soit possible, pour la simple et bonne raison que je n’étais pas un contemporain de l’empereur, pas plus que mon oncle n’en était un de l’imperator.
Cependant, par carnet interposé, mon proche parent venait de m’affirmer le contraire.
Que pouvais-je, que devais-je croire ?
Je ne savais plus quoi penser.
J’hésitais.
Rétablir la vérité sur Alexandre le grand aurait des conséquences multiples. Et si on s’apercevait que finalement, c’étaient ses généraux et ses soldats qui avaient fait tout le travail et que lui s’était contenté de récupérer leurs exploits et pour en tirer gloire ? Son image serait abîmée. Or, le monde avait besoin de héros pour continuer à vivre et je ne me sentais pas prêt à en détruire un, surtout ancien. Et puis, imaginons un seul instant que je puisse rencontrer Alexandre le grand et le convaincre de renoncer à la conquête des Indes. Non seulement le cours de l’histoire, mais aussi celui de l’humanité en seraient changés. Qu’adviendrait-il du rayonnement de la culture grecque, du génie militaire, des écoles de stratégie, des méthodes de commerce, tout cela en germe à cette époque et qui avaient ensuite prospéré sur le nom d’Alexandre ? Tout cela disparaitrait comme si rien n’avait jamais existé. Et si, par miracle, j’arrivais à la persuader de renoncer à la conquête du Penjab et de la vallée de l’Hindus ? Quid des Compagnies des Indes ? Disparues elle aussi ? Avec le commerce des épices arrivées en Europe, le développement de la gastronomie européenne et le raffinement de la cuisine française ? sans parler de l’influence littéraire du personnage sur Montesquieu ou Voltaire et de son imprégnation dans la culture des siècles postérieurs.
Bref ! Autant de choses que je ne me sentais pas de faire. Pouvais-je, devais-je prendre ce risque ? Bien sûr que non ! En y réfléchissant, il était impossible que je m’amuse à modifier le cours de l’histoire pour faire plaisir à mon oncle.
Et puis après tout, au diable l’héritage ! Je n’avais pas besoin d’argent ! Même si mon salaire était modeste, mes besoins l’étaient également et je n’avais jamais eu de rêves de grandeur. Je n’avais pas besoin d’habiter un château pour être heureux ! Mon trois-pièces en région parisienne me suffisait amplement et mon travail de professeur d’Histoire dans un collège de banlieue me semblait fort utile.
Je regardais une dernière fois la capsule temporelle avant de tourner les talons et de me dire que j’avais pris la bonne décision.
Puis, je marchais à reculons jusqu’à l’engin, m’assis sur le quatrième banc de la troisième rangée. Même si je n’avais pas besoin d’argent, j’étais cependant curieux de savoir si cette machine fonctionnait réellement. Et puis, rencontrer Alexandre le grand n’était pas donné à tout le monde. Passer à côté d’une telle occasion serait stupide. Je devais saisir cette chance pour ne rien regretter plus tard.
J’appuyais sur le bouton rouge et…
Rien ne se passa.
Je me levais et me rassis aussitôt. Mes jambes flageolaient, Mon corps ne répondait plus, mes yeux se fermaient doucement. Je ne compris ce qui m’arrivait que lorsqu’un léger brouillard commença à se former devant moi.
— Alexandre, murmurais-je, tu es là ?
— Je crois que tu peux lui ajouter une dose, indiqua l’infirmier psychiatrique à son collègue. Alexandre, tu crois que c’est Alexandre le grand ?
— C’est possible, répondit ce dernier. On ne s’ennuie jamais avec lui. La semaine dernière, il m’a raconté sa rencontre avec Louis XIV dans les jardins de Versailles. La semaine précédente, c’était une séance d’écriture avec Christine de Pisan, une poétesse du 14ème siècle.
— Toujours grâce à cette machine à remonter le temps que son oncle lui aurait léguée ?
— Toujours ! Allez, on passe au suivant, Dédé le bagarreur. Courage. On reviendra tout à l’heure. Ne nous plaignons pas. Ce patient-là est parfaitement inoffensif et avec lui au moins, on se cultive.
— Alors que Dédé… regretta l’infirmier sans finir sa phrase.
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