Défi Ouvert

Octobre

Un mois, un texte · 10/2026

🍂 octobre

Ouverture
01/10/2026 à 01:01
Clôture
31/10/2026 à 23:59
Longueur
100 à 3000 mots

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Consigne

faire une allusion ou introduire l'automne.

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Textes proposés

Participations 4

287 mots Participation reçue

Le mois sombre

Octobre.

Seul le temps encore un peu doux nous réconforte, ainsi que la chaleur des tons rougeoyants des arbres qui se mettent doucement à nu. Le temps moite, la pluie et la nuit, prenant chaque jour un peu plus de place, nous offrent quant à eux une sorte de dépression psychologique.

Tout est sombre. Les journées aussi, nuageuses, grises, comme si l’âme de la nature la quittait.

Je n’aime pas ce mois. Je perds mon sourire.

Miroir du paysage mourant sous une couverture de feuilles au sol, des réserves de glands, de châtaignes et de marrons que les animaux amassent pour survivre aux mois froids qui suivront.

C’est ça, l’automne…

Le début de la fin.

Un choix : se laisser mourir comme les feuilles des arbres caducs, ou résister et survivre comme les petits êtres allant hiberner au chaud jusqu’au retour des rayons plus agréables du soleil ?

Tenir.

Je dois tenir.

Comme les écureuils. Eux, ils y arrivent, si petits et si fragiles en apparence.

Alors pourquoi, moi, je déprime ? Pourquoi, moi, je me compare aux feuilles tombant des arbres, lâchant prise et trouvant peut-être la paix sur le sol froid ?

Je dois aller plus loin que regarder les feuilles.

Mais les arbres eux-mêmes.

Ils se dénudent, mais reviennent comme à la vie après l’automne et l’hiver. Ils renaissent.

Mais pour renaître, ils abandonnent une partie d’eux-mêmes durant ces jours sombres. Ils abandonnent les choses fragiles qui ne tiennent que par une tige.

Alors, moi aussi, j’abandonnerai ce qui ne tient qu’à un fil.

Non pas ma vie, mais ce qui en est futile.

Pour renaître à mon tour, une fois que les rayons du soleil me réchaufferont et feront refleurir mon sourire perdu.
108 mots Participation reçue

Incroyable rencontre

Les feuilles d’automne crépitent sous mes pas
Et brisent le doux silence de la forêt
La brume glacée se dissipe ici et là
Révélant aux arbres ses multiples secrets.

Une ombre vive se faufile entre les arbres
Et se mélange à ses couleurs chatoyantes
Me voilà devenue une statue de marbre
Coupant mon souffle devant ce halo flamboyant.

Il pose sur moi son regard mordoré
Et de sa fine démarche voluptueuse
Fait onduler sa fourrure ambrée
M’hypnotisant par sa lumière somptueuse.

Le temps s’est respectueusement arrêté
Et nous a laissé savourer ce doux moment,
Cette si paisible rencontre inespérée
Entre un divin goupil et une âme en tourment.
650 mots Participation reçue

L'automne est de retour

L'automne est de retour ! Une saison qui signe la fin de l'été et le début de la baisse des températures.

L'automne est un entre deux entre l'été et l'hiver, une période colorée et remplie de réconfort. Les arbres perdent peu à peu leurs feuillages rouges, jaunes, orange et marron, tandis que les plaids recouvrent dignement le canapé du salon.
Tout le monde veut savourer sa petite boisson chaude de la saison, telle que l'iconique pumpkin spice, le ice latte ou l'indétrônable chocolat chaud. Sans oublier de se détendre devant un film ou un livre, après une dure journée de travail.

Cependant, si vous tendez bien l'oreille, vous entendrez des bruits inhabituels pour cette saison calme. En aucun cas, cela ne ressemble au doux son du vent qui joue avec les feuilles mortes, jonchant votre allée.
Non, c'est bien le son des bottes qui écrasent les feuilles par terre. Vous les reconnaissez sans hésiter, car vous aimez bien cette sonorité apaisante.
Et ça aussi vous le percevez ?
Le crépitement du feu et de ces brindilles qui se brisent sous une chaleur à plus de six cents degrés.

Effectivement, ces bruits ne vous sont pas inconnus, mais vous ne possédez ni d'arbre sur votre modeste terrain, ni de cheminée.
Alors, vous décidez de déposer votre tasse bien chaude sur la table basse accessoirisée de petits champignons rouges, de bougies parfumées à la cannelle et d'une petite citrouille trop mignonne qui arbore un grand sourire rayonnant, au lieu de son habituelle expression terrifiante.

Vous vous rapprochez de la fenêtre du salon, dans le but de vous convaincre que c'est votre imagination qui vous joue des tours. En dépit de votre bon sens, une ombre passe furtivement devant la fenêtre, ce qui vous provoque un sursaut et fait battre votre cœur à cent à l'heure.
Terrifiée, mais pas lâche, vous comprenez vite que quelque chose se trame dans la forêt, près de votre maison.
Ainsi, armée de votre couverture polaire sur les épaules, de chaussons sur vos pieds et d'une lampe torche à la main, vous quittez le confort automnal de votre douillette maison, pour vous aventurer dans les bois. Malgré l'heure tardive, la peur au ventre et la brise fraîche qui caresse vos mollets, vous êtes déterminée à avoir le fin mot de l'histoire.

Le temps d'un instant, vous levez les yeux vers le ciel bleu foncé et vous distinguez une touche de gris indésirable. Il ne vous faut pas plus d'une seconde pour comprendre que c'est de la fumée qui s'échappe des arbres, non loin de votre position.
Plus vos pas se rapprochent dangereusement de cette zone, plus vous repérez des silhouettes. Une dizaine de personnes ou plutôt une dizaine de femmes arborant des marques blanches sur le visage et ondulant comme une rivière autour du feu.

À cette vue, vos mains se serrent autour de la lampe torche, des sueurs froides courent le long de vos tempes et vous êtes à deux doigts de faire une syncope à cause du manque d'oxygène dans les poumons.
Une odeur âcre vous chatouille également les narines. On est bien loin du parfum des cinnamon rolls tout droit sortis du four d'une boulangerie, qui embaume tout son périmètre. Ajoutons aussi les murmures de voix d'où s'élève un chant dans une langue difficile à reconnaître. Un mélange de paroles celtiques, nordiques et slaves.
Vous faites tout votre possible pour rester la plus silencieuse, afin de retourner chez vous et vous mettre à l'abri. Mais la nature en a décidé autrement. En faisant marche arrière, vous écrasez par inadvertance une branche d'arbre qui produit plus de bruit que prévu. Suite à ce son, un silence de plomb tombe sur la forêt et une vingtaine de paires d'yeux se tournent vers vous.

Et c'est à ce moment précis que vous prenez conscience de l'heure qu'il est.

Minuit sonne, l'automne est de retour et les sorcières aussi.
1767 mots Participation reçue

Les lettres que l’automne n’avait jamais envoyées.

Lorsque les premières feuilles rousses commencèrent à recouvrir les chemins du petit village de Saint-Aubin-des-Bois, enveloppant les jardins abandonnés d’un tapis doré que les pluies d’octobre rendaient chaque jour plus sombre, Élise Moreau revint dans la maison de son enfance avec cette étrange sensation que certaines blessures, même lorsqu’on les croit refermées depuis des années, attendent simplement le retour d’une saison particulière pour recommencer à saigner silencieusement.

Elle n’avait pas franchi le portail rouillé depuis dix-sept ans, depuis ce matin de novembre où elle avait quitté les lieux après une violente dispute avec sa mère, emportant une valise, quelques vêtements et la certitude douloureuse qu’elle ne reviendrait jamais dans cette demeure aux volets verts, dont les murs semblaient conserver les paroles prononcées trop fort et les silences devenus impossibles à supporter.
Pourtant, lorsque le notaire lui avait annoncé que sa mère venait de mourir et qu’elle lui léguait la maison ainsi que l’ensemble de ses affaires personnelles, Élise avait ressenti, derrière la colère ancienne qu’elle entretenait presque malgré elle, une tristesse si profonde qu’elle avait compris que le temps n’avait jamais réussi à transformer son absence en véritable indifférence.

Le jardin avait perdu sa splendeur d’autrefois, les rosiers s’étaient mêlés aux mauvaises herbes, les branches du vieux pommier descendaient jusqu’au sol sous le poids de fruits abandonnés, tandis que les hortensias desséchés bordant l’allée semblaient attendre une main qui ne viendrait plus jamais les tailler avec cette patience méticuleuse dont sa mère avait toujours fait preuve.

À l’intérieur, rien ne paraissait avoir changé, car les mêmes photographies occupaient les murs du couloir, la vieille pendule continuait de marquer les heures au-dessus de la cheminée et une odeur de cire, de bois humide et de lavande séchée flottait encore dans les pièces, comme si la maison avait refusé de reconnaître la disparition de celle qui l’avait habitée pendant près de cinquante années.

Élise passa les premiers jours à ouvrir les armoires, trier les vêtements et remplir des cartons, accomplissant ces gestes avec une application presque mécanique afin de ne pas s'attarder sur les souvenirs que chaque objet faisait remonter, jusqu’à ce qu’un après-midi particulièrement pluvieux, alors que le vent faisait trembler les vitres du grenier, elle découvrît une petite boîte en fer dissimulée derrière une pile de couvertures.

Sur le couvercle, autrefois décoré de fleurs bleues, quelqu’un avait inscrit à l’encre noire une phrase dont les lettres légèrement tremblantes lui rappelèrent immédiatement l’écriture maternelle, cette écriture qu’elle avait autrefois retrouvée sur les mots glissés dans son cartable et les cartes d’anniversaire soigneusement conservées dans ses tiroirs.
Pour les automnes où tu penseras que je ne t’ai pas aimée.

Élise demeura longtemps immobile devant cette inscription, incapable de comprendre pourquoi sa mère avait choisi de laisser derrière elle une formule aussi étrange, avant de soulever délicatement le couvercle et de découvrir trente enveloppes jaunies, toutes adressées à son nom, toutes datées d’un automne différent et toutes demeurées fermées.
La première portait la date du 12 octobre 1996, année de ses huit ans, et contenait une lettre dans laquelle sa mère racontait la manière dont elle l’avait observée ramasser des feuilles mortes dans le jardin pour en faire des bouquets, persuadée qu’en les plaçant dans l’eau elle pourrait leur rendre leurs couleurs et empêcher l’hiver de les emporter.

Elle y décrivait une petite fille qui refusait de croire que les belles choses puissent disparaître, qui pleurait devant les oiseaux blessés et qui demandait chaque soir pourquoi les arbres devaient perdre leurs feuilles alors qu’ils avaient mis tout le printemps à les faire pousser.
Au fil des lignes, Élise retrouva des souvenirs qu’elle croyait perdus, des après-midi passés à fabriquer des couronnes de châtaignes, des promenades sous la pluie et cette façon particulière qu’avait sa mère de lui réchauffer les mains entre les siennes lorsqu’elles rentraient du marché, tandis que la cuisine se remplissait de l’odeur des pommes cuites et de la cannelle.

Elle ouvrit une deuxième enveloppe, puis une troisième, découvrant avec une émotion grandissante que sa mère avait écrit chaque année, même après leur séparation, racontant les anniversaires auxquels elle n’avait pas assisté, les Noël passés devant une chaise vide et les journées ordinaires durant lesquelles elle avait cru reconnaître sa fille dans la silhouette d’une inconnue traversant la place du village.

Certaines lettres ne contenaient que quelques pages, tandis que d’autres formaient de véritables confidences dans lesquelles cette femme autrefois si autoritaire, incapable d’exprimer ses sentiments autrement que par des recommandations ou des reproches, avouait ses maladresses, ses regrets et cette peur constante de voir son enfant s’éloigner d’elle sans jamais trouver le courage de lui demander pardon.

Lorsque la nuit tomba, Élise avait parcouru vingt-neuf lettres, les disposant autour d’elle sur le tapis du salon comme les fragments d’une existence qu’elle découvrait sous un jour nouveau, et la dernière enveloppe, datée du 3 octobre de l’année précédente, lui parut soudain plus lourde que toutes les autres.

Sa mère y expliquait qu’elle venait d’apprendre la gravité de sa maladie, qu’elle avait refusé de contacter sa fille par crainte de lui imposer une réconciliation dictée par la culpabilité et qu’elle souhaitait désormais lui révéler un secret dont le poids avait profondément bouleversé leur relation.

Élise apprit ainsi que son père, qu’elle avait toujours cru parti vivre à l’étranger après leur séparation, était mort dans un accident lorsqu’elle avait sept ans, quelques semaines seulement avant cet automne dont elle conservait le souvenir confus d’une maison plongée dans le silence et d’une mère devenue brusquement distante.

Sa mère avait choisi de lui cacher cette disparition, persuadée qu’une enfant aussi sensible ne pourrait supporter une telle douleur, puis, lorsque les années avaient passé, elle s’était retrouvée prisonnière de son propre mensonge, incapable de révéler la vérité sans reconnaître qu’elle avait volontairement privé sa fille de la possibilité de pleurer son père.
La lettre racontait les nuits de remords, les anniversaires silencieux et les innombrables occasions manquées de réparer cette faute, mais elle contenait également une demande singulière, formulée avec cette pudeur maladroite qui avait toujours caractérisé sa mère, puisqu’elle invitait Élise à se rendre au pied du vieux chêne situé derrière la maison, là où elles avaient autrefois enterré une boîte remplie de petits trésors.

Le lendemain matin, tandis qu’un soleil pâle traversait les nuages et faisait scintiller les gouttes suspendues aux branches, Élise enfila son manteau, prit une petite pelle dans la remise et traversa le jardin jusqu’à cet arbre immense dont les racines soulevaient les pierres du vieux muret.

Elle retrouva facilement l’endroit indiqué, près d’une racine formant une boucle presque parfaite, et après avoir retiré plusieurs poignées de terre humide, elle heurta une boîte métallique enveloppée dans un morceau de toile cirée.

À l’intérieur reposaient quelques photographies de son père, une montre arrêtée, une mèche de cheveux nouée dans un ruban bleu et un carnet dont les premières pages avaient été remplies par une écriture masculine qu’elle ne connaissait pas, mais dont les mots lui semblèrent étrangement familiers.

Son père y racontait les premières années de sa vie, ses éclats de rire, ses questions incessantes et cette habitude qu’elle avait de courir vers lui dès qu’il rentrait du travail, avant de consacrer les dernières pages à une promesse qu’il espérait tenir lorsque sa fille serait devenue adulte, celle de l’emmener découvrir les forêts d’automne du Canada, dont il collectionnait les photographies depuis sa jeunesse.

Élise s’assit au pied du chêne, entourée des feuilles rouges et cuivrées que le vent soulevait doucement autour d’elle, et comprit que sa mère avait conservé pendant toutes ces années non seulement les souvenirs de son mari, mais également la preuve de son mensonge, comme si elle avait attendu jusqu’à son dernier souffle le moment où elle trouverait enfin la force de rendre à sa fille une partie de son histoire.

Elle ne ressentit pas immédiatement le pardon qu’elle aurait voulu éprouver, car la révélation avait ouvert une blessure trop ancienne pour disparaître sous l’effet de quelques lettres, mais elle découvrit au milieu de sa colère une compassion inattendue pour cette femme qui avait confondu protection et silence, puis laissé sa peur détruire ce qu’elle désirait préserver.
Durant les semaines suivantes, Élise resta dans la maison, nettoya les fenêtres, repeignit les volets et redonna vie au jardin, tout en relisant chaque soir quelques pages du carnet paternel et des lettres maternelles, découvrant progressivement que les souvenirs heureux n’effaçaient pas les fautes, mais qu’ils permettaient parfois de regarder ceux qui les avaient commises avec davantage d’humanité.

À la fin du mois d’octobre, lorsque les arbres furent presque entièrement dépouillés et que les premières gelées blanchirent les pelouses, elle décida de ne pas vendre la demeure, préférant en faire un lieu où elle pourrait revenir chaque année, non pour entretenir les regrets du passé, mais pour apprendre à vivre avec une histoire familiale dont elle connaissait enfin les véritables contours.

Avant de repartir, elle déposa dans la boîte en fer une trente et unième enveloppe, sur laquelle elle inscrivit simplement la date du jour et quelques mots destinés à cette mère qu’elle avait tant aimée, tant détestée et qu’elle commençait seulement à comprendre.
Dans cette lettre, elle ne prétendait ni oublier les années perdues ni pardonner entièrement le mensonge qui avait façonné son enfance, mais elle racontait le jardin retrouvé, les photographies découvertes et la certitude nouvelle que l’amour pouvait exister même lorsqu’il avait été défiguré par la peur, la maladresse et les décisions irréparables.

Puis elle referma la boîte, la plaça sur la cheminée et sortit une dernière fois dans le jardin, où une feuille dorée se détacha lentement du vieux chêne avant de venir se poser sur son épaule, comme autrefois lorsque son père la soulevait dans ses bras pour lui faire toucher les branches les plus basses.
Élise leva les yeux vers le ciel traversé de nuages et songea que l’automne n’était peut-être pas uniquement cette saison durant laquelle la nature se dépouillait de ce qu’elle avait patiemment construit, mais également celle où les arbres, débarrassés de leurs feuilles, révélaient enfin la forme véritable de leurs branches, leurs blessures anciennes et la force silencieuse qui leur permettrait de traverser l’hiver.

Pour la première fois depuis dix-sept ans, elle quitta la maison sans avoir l’impression d’abandonner quelqu’un derrière elle, tandis que le vent emportait les dernières feuilles du jardin et que, derrière les fenêtres désormais ouvertes, les lettres de sa mère demeuraient à leur place, prêtes à lui rappeler, chaque fois que le doute reviendrait, qu’une vie ne se résume jamais à ses erreurs et que certains amours continuent de chercher leur chemin bien après la disparition de ceux qui n’avaient pas su les exprimer.

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